jeudi 8 novembre 2007

Débat linguistique

Dans la foulée du débat qui sévit présentement au Québec sur l'intégration des immigrants, l'aspect linguistique resurgit de nouveau. Certains reprochent au capitaine du Canadiens de Montréal de ne pas parler le français. Il ne donnerait pas, par le fait même, l'exemple aux nouveaux arrivants. Toutefois, je ne vois pas en quoi le capitaine pourrait influencer des immigrants qui, en majorité, proviennent de pays où, si le hockey y est connu, il est perçu comme une forme de barbarie nordique. Un exercice beaucoup plus intéressant que de faire la chasse aux sorcières est de se questionner sur les relations que nous avons avec le français et l'anglais.

La société est unanime: il est important de bien écrire le français...et de maîtriser l'anglais. La tendance, dans un contexte d'explosion des technologies, valorise fortement l'anglais. Certains livres recommandés dans les universités francophones sont strictement écrits dans cette langue. Est-ce normal? On peut comprendre cette situation en reconnaissant à cette langue une plus grande ''efficacité''. Cela fait-il du français une langue reconnue uniquement pour sa complexité grammaticale? Certainement pas. Celle-ci est passion. Jamais pourra-t-on observer du côté de l'anglais des mordus de leur langue comme on en retrouve pour la langue de Molière. Bref, la maîtriser est un art que peu apprécient à sa juste valeur.

À priori, on peut percevoir ces traits dans leur composition même. Il est clair que l'anglais est langue beaucoup plus intuitive. Ne pensons qu'à ''butterfly'' qui suggère un insecte qui apprécie le beurre. Qu'on soit plus ou moins d'accord avec cette définition de cet insecte, ne demeure pas moins que ce nom joue le rôle de ''mini-description''. Même chose pour ''lightning'' qui suggère quelquechose relié à ''light'', nous donnant une certaine intuition quant à ce mot. Si on pense à ''éclair'', on peut certe faire le lien avec ''éclaircir'', mais le chemin vers lumière est légèrement plus ardu. Quoi qu'il en soit, l'intuitivité n'est pas monopolisé par la langue de Shakespeare (''lion de mer'' par exemple), mais y est plus amplement utilisée.

Une autre forme d'efficacité se manifeste par la concision des mots. On reconnaîtra aisément que ''bat'' est plus succinct que ''chauve-souris'' (mais n'est pas plus charmant selon moi!). Nous n'observerons pas un laconisme absolu pour tous les mots anglophones face à leur équivalents francophones, mais la tendance est marquée. D'ailleurs, sans aucune prétention scientifique, on peut observé une corrélation inverse entre concision et complexité. Beaucoup d'angliscimes sont empruntés pour cette raison (un ''must'' versus un ''incontournable'').Un exercice intéressant consiste à conjuguer les verbes ''put'' et ''mettre'' à tous les temps!

Cependant, est-ce que la productivité est un incontournable dans notre existence? Sommes-nous vraiment plus heureux en plaçant le plus de termes possibles dans une phrase, dû à leur concision? Tant qu'à moi ''put'', ''car'', ''bus'', ''fly'' et ''sky'' sont moult fois plus froid que ''mettre'', ''voiture'', ''autobus'', ''mouche'' et ''ciel''. Nos termes sont plus complexes, mais bigrement plus vivants et stimulants, non? Tant et aussi longtemps que nous serons humains, nous aurons besoin de divertissement et de se faire chauffer les oreilles par de langoureux termes.

Il y a aussi le côté culturel et identitaire, car il est très intéressant de maîtriser plusieurs dialectes, mais on ne doit jamais oublier nos racines. D'autre part, ces deux langues ne sont pas des antipodes. Nous conviendrons indéniablement que la grammaire françaises est maintes fois plus complexe que son équivalente, mais outre cela plusieurs mots sont semblables et ce n'est pas un hasard. Nous savons que ces langues ont vécus côte à côte en Europe depuis plus de 1000 ans et de surcroit en Amérique depuis plus de 400 ans. Résultat: ''table'', ''guitar'', ''bass'', etc. Les langues sont vivantes et s'inter-influcent!

Finalement, bien que fragile, la cohabitation entre le français et l'anglais n'est pas prêtre de disparaître en Amérique du Nord. En étant bilingue, n'avons-nous pas le meilleur des deux mondes?

L'introduction d'angliscimes dans notre langues n'est pas toujours prolifique, surtout le syndromes du ''-er''. ''As-tu watcher la game?''. Pas très charmant. Sommes-nous pire que nos amis Français? Font-ils un meilleur usage des angliscimes? Parlent-ils tout simplement un meilleur français? Cela sera au menu un notre jour, car il se fait late et aller woker crevé c'est pas très winner...

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